Depuis 2019, 5 Degrés mesure tous les deux ans l’empreinte carbone de son activité pour suivre ses progrès et faire évoluer son plan d’action. Après les bilans réalisés en 2021 et 2023, nous publions aujourd’hui les résultats de notre troisième bilan carbone, portant sur l’année 2025.
Contexte
Ce bilan a été réalisé par Carbo, selon la méthodologie Bilan Carbone® de l’ADEME portée par l’Association pour la Transition Bas Carbone (ABC), couvrant les émissions directes et indirectes (scopes 1, 2 et 3). C’est la même méthodologie que celle utilisée pour notre bilan précédent, ce qui permet une comparaison fiable entre les deux exercices.
En 2025, 5 Degrés comptait 122 collaborateurs et a réalisé 14,3 M€ de chiffre d’affaires, contre 100 collaborateurs et 11,9 M€ en 2023 (année de notre précédent bilan).
Les résultats de notre Bilan Carbone 2025
Nos émissions 2025 s’élèvent à 167,2 tCO2e, contre 150 tCO2e en 2023, soit une hausse de 11,5 % en valeur absolue. Cette progression reste toutefois inférieure à celle de notre activité sur la même période (+22 % d’effectifs, +20 % de chiffre d’affaires), ce qui traduit une baisse de notre intensité carbone : nos émissions augmentent moins vite que notre croissance.
| Intensité carbone économique | 1,2 tCO2e / 100 k€ de chiffre d’affaires |
| Intensité carbone sociale | 1,4 tCO2e / collaborateur |
Répartition de nos émissions par grande catégorie :
Répartition des émissions 2025 par catégorie — total 167,2 tCO2e
Le détail par poste :
- Bureaux/sites (55,5 tCO2e) : porté à 74 % par les repas au travail (41,17 tCO2e) — notre premier poste d’émissions isolé.
- Opérations (47,9 tCO2e) : essentiellement les événements organisés (27,00 tCO2e) et les logiciels/télécommunications (20,86 tCO2e).
- Achats & services (35,2 tCO2e) : prestations de services (26,91 tCO2e) et produits déjà fabriqués (8,24 tCO2e).
- Déplacements (28,8 tCO2e) : trajets domicile-travail (24,74 tCO2e) et déplacements professionnels (4,01 tCO2e).
- Produits numériques : quasi nul (0,03 tCO2e).
Transparence sur nos données
Nous tenons à être transparents sur la manière dont ces chiffres sont construits, et sur leurs limites.
- Notre bilan couvre nos collaborateurs en CDI, contrat d’apprentissage et stage sur la période. Les prestations réalisées par nos freelances ne sont aujourd’hui pas intégrées au calcul, faute de disposer de données fiables sur leur activité.
- Une partie de nos émissions, notamment les prestations de services (comptabilité, RH, administratif), est calculée à partir de ratios monétaires (dépense en euros x facteur d’émission ADEME), et non à partir de données réelles fournies par nos prestataires. Ce mode de calcul a une limite connue : notre empreinte sur ce poste augmente mécaniquement avec notre budget, indépendamment de l’impact réel de nos prestataires.
- De la même manière, l’empreinte de nos événements organisés est aujourd’hui calculée par un forfait automatique (petit/moyen/grand événement × nombre de participants), sans distinction du lieu, du mode de transport ou du type de restauration.
- À l’inverse, une partie importante de nos données provient directement de nos collaborateurs, via un questionnaire interne portant sur leurs habitudes de transport, de télétravail, de visioconférence, d’alimentation ou encore d’utilisation d’outils d’intelligence artificielle. Notre bilan n’aurait pas pu être validé sans un taux de réponse d’au moins 50 % de nos effectifs ; un seuil que nous avons atteint, ce qui garantit la fiabilité de ces données déclaratives.
Notre objectif est d’affiner notre collecte de données d’année en année, pour que nos bilans carbone reflètent toujours plus fidèlement la réalité de notre activité, même quand cela signifie remettre en question une méthode de calcul qui nous est, pour l’instant, défavorable.
Notre plan d’action : des engagements 2023 à la trajectoire 2030
Nous reprenons ici, levier par levier, les objectifs fixés en 2023, ce qui a été fait depuis (y compris ce qui était déjà engagé au précédent bilan), la prochaine action concrète, et la cible que nous maintenons à horizon 2030.
| Levier | Objectif 2023 | Avancement 2025 | Prochaine action | Cible 2030 |
| Outils numériques (SaaS) | Rationaliser le nombre d’outils et maîtriser le coût mensuel total. | Le nombre d’outils a augmenté (10 → 17), mais le coût mensuel total a légèrement baissé (~13 200 € → ~12 900 €). | Audit d’utilisation réelle de chaque outil pour identifier les doublons et les licences sous-utilisées. | Cible maintenue à -20 % sur la facture SaaS. |
| Équipements reconditionnés | Augmenter la part de reconditionné sur les équipements neufs. | La part de reconditionné dans nos nouveaux achats d’équipements a progressé (≈11 % en 2023 → ≈15,6 % en 2025). Pour les achats neufs non reconditionnés, nous avons aussi relevé notre exigence d’indice de réparabilité, désormais supérieur à 8/10 (contre ≈7/10 auparavant). | Prioriser au maximum le reconditionné sur tout nouvel achat, et maintenir l’exigence d’un indice de réparabilité supérieur à 8/10 pour le matériel neuf restant. | 50 % des nouveaux achats en reconditionné (objectif d’origine), avec échéance précisée à fin 2027 (déjà publique dans notre rapport RSE 2025). |
| Fournitures de bureau | Mettre en œuvre une politique de réutilisation pour diminuer les achats de fournitures de bureau. | Réemploi déjà pratiqué de façon informelle, sans suivi chiffré à ce jour. Papier imprimante recyclé depuis 2024. Politique d’achats responsables favorisant le recyclage et le réemploi déployée et communiquée. Sensibilisation équipe régulière. | Mettre à l’étude le passage aux fournitures rechargeables (cartouches d’encre, blocs-notes, marqueurs) pour amorcer un suivi mesurable. Envisager l’achat de mobilier de seconde main lorsque nécessaire. | -30 % d’achat de fourniture bureau maintenu. |
| Alimentation responsable | Développer les options végétariennes et sensibiliser aux repas responsables. | Depuis 2024 : recettes végé/vegan mensuelles en newsletter, challenge bi-annuel avec Ekip (tickets restaurant éthiques), viande supprimée de nos événements, options végétariennes déjà majoritaires. Sensibilisation régulière. Les données déclarées par nos collaborateurs confirment une forte adhésion au flexitarisme : 48,5 % s’y déclarent déjà (contre 46 % en 2023), proche de notre objectif de 50 %. En revanche, la part des repas à emporter a progressé (31,4 % → 42,4 %) autant que celle des repas faits maison (19,6 % → 28,8 %) : l’objectif de réduire l’à emporter de moitié n’est donc pas en bonne voie. Depuis la mise en place de notre carte ticket restaurant Ekip, qui valorise les repas pris dans des points de vente responsables, la part de nos dépenses dans des commerces engagés progresse : 5,5 % en 2025, 6,6 % sur les neuf premiers mois de 2026 (7,9 % au deuxième trimestre). La part des dépenses dans des établissements proposant une offre végétarienne passe de 1,9 % à 3,4 %, sans qu’on puisse en déduire qu’un plat végétarien a été consommé. | Mettre en place un suivi réel du taux de repas flexitariens avant d’engager des actions dédiées sur le végé et les repas maison (ex. enquête Ekip et/ou questionnaire interne bi-annuel). Mesurer l’impact de nos communications (nombre de lectures, appréciation collaborateurs). Cibler spécifiquement la réduction des repas à emporter, plutôt que de se reposer sur la seule progression du fait-maison. | 50 % de repas flexitariens confirmé ; 50 % végétariens et repas maison -50 % maintenus comme objectifs, à réévaluer selon le suivi. |
| Énergie des bureaux | Réduire la part du gaz dans la consommation de nos locaux. | Paris est en 100 % électricité. Bordeaux fonctionne à l’électricité (hors chauffage) suite au déménagement en 2026. Toulouse reste au gaz. L’ensemble de nos contrats électriques sont à l’électricité verte, et nous coupons l’électricité la nuit et le week-end. Sensibilisation collaborateur + affichage dans les locaux. | Réévaluer la transition électrique à Toulouse une fois le nouveau site connu (déménagement prévu 2027/2028). | Transition complète visée, conditionnée au futur déménagement de Toulouse, et à plus long terme de Bordeaux. |
| Mobilités douces | Encourager les alternatives à la voiture individuelle pour les trajets domicile-travail. | Forfait mobilités durables mis en place en 2024 (100 €/an) et revalorisé et mensualisé depuis 2025 (25 €/mois Paris, 15 €/mois Toulouse et Bordeaux). Sensibilisation régulière. Les données déclarées montrent par ailleurs que la part de la voiture individuelle a légèrement progressé (17,6 % → 19,4 %) au détriment des transports en commun (54,9 % → 49,3 %), tandis que vélo et marche progressent (15,7 % → 19,4 %). Le covoiturage n’étant pas couvert par le forfait, son adoption déclarée est nulle à ce stade (0 %). | Organiser un challenge à l’occasion de Mai à vélo en 2027.Covoiturage : intégrer ce levier à notre forfait mobilités durables dès janvier 2027. | Substituer 25 % des trajets en voiture individuelle par les transports en commun ou une mobilité douce. |
| Train vs avion | Rendre le train obligatoire entre nos agences, sauf force majeure. | Très nette progression depuis 2023 : 80 allers-retours Paris–Toulouse en train pour 2 en avion en 2025 (contre 40 train / 7 avion en 2023). | Maintenir la politique actuelle ; la communication interne existante suffit, pas de nouvelle contrainte à ajouter. | Politique maintenue, objectif à 100 % (0 avion). |
| Véhicules électriques | Réduire notre utilisation de véhicules diesel ou essence, au profit de l’électrique. | 1 véhicule électrique sur un parc de 4 depuis 2025 (contre 0 sur 6 en 2023). | Conversion des véhicules restants à l’échéance des contrats de location. VTC/taxis électriques ou hybrides privilégiés si utilisation nécessaire, communication à prévoir. Former les conducteurs de nos véhicules en propre à l’éco-conduite. | 50 % minimum maintenu (échéance fin 2027, déjà publique, soit 2 véhicules sur 4), avec l’ambition affirmée que l’ensemble du parc bascule à terme vers l’électrique. 50 % des trajets VTC/taxis en électrique ou hybride. |
| Sensibilisation (ateliers) | Former les équipes aux enjeux climat via des ateliers dédiés. | Nous avons sensibilisé près de 40 % de notre effectif en 2024 aux ateliers « Fresque du Climat ». Malheureusement ils n’ont pas pu être reconduits en 2025, le collaborateur qui les animait ayant quitté l’entreprise. | Former un nouveau relais interne pour reprendre l’animation de cet atelier, et proposer également l’atelier « 2 tonnes » à ceux ayant déjà participé à la Fresque du Climat. | Reprise annuelle des ateliers maintenue comme objectif, avec pour cible 100 % des collaborateurs ayant assisté à au moins un atelier. |
Nouvelles actions engagées en 2025
En complément de ces engagements pris dès 2023, notre bilan 2025 fait ressortir des postes qui n’étaient pas couverts jusqu’ici, en particulier nos achats de services, nos événements et nos déchets. Voici comment nous comptons agir concrètement sur chacun :
- Prestations de services (comptabilité, RH, administratif/juridique) : ce poste est aujourd’hui calculé à partir de notre budget, ce qui masque l’impact réel de nos prestataires. Nous allons les contacter directement pour savoir s’ils disposent déjà d’un bilan carbone, et les inciter à en réaliser un s’ils n’en ont pas, afin de remplacer l’estimation budgétaire par une donnée réelle et de pouvoir suivre une véritable trajectoire de réduction chez eux.
- Événements organisés : nous allons documenter systématiquement chaque événement (lieu, mode de transport des participants, type de restauration) afin d’obtenir au prochain bilan un calcul réel plutôt que le forfait automatique actuel, qui surestime probablement notre impact (nos événements se tiennent déjà majoritairement à proximité de nos locaux, avec une restauration végétarienne).
- Gestion des déchets organiques : le composteur Bokashi déjà en place à Toulouse sera étendu à nos sites de Paris d’ici fin 2026, en complément du tri carton/papier, métal/plastique, verre et piles déjà assuré par nos prestataires. À Bordeaux, nos locaux étant partagés, nous n’avons pas la main pour effectuer les changements souhaités, mais prévoyons d’amorcer prochainement une discussion pour développer le tri déjà présent.
- Sensibilisation continue : nous allons intégrer dès septembre 2026 des quizz de sensibilisation aux enjeux climat dans nos newsletters internes, en nous appuyant sur les contenus proposés par HelloCarbo.
- Utilisation de l’intelligence artificielle : nos données collaborateurs 2025 confirment l’ampleur du phénomène, avec 98 % des répondants qui utilisent déjà l’IA au moins une fois par semaine, pour une moyenne de 22 conversations hebdomadaires. Ce critère n’était pas mesuré en 2023, et l’essor de l’IA générative n’était pas encore là en 2025. Son impact sur notre bilan reste donc aujourd’hui limité, mais va nécessairement peser davantage sur notre prochain bilan (2027) à mesure que les usages se développent. Nous avons déjà mis en place une charte IA interne ; nous allons désormais renforcer la sensibilisation des équipes à un usage plus sobre (privilégier les outils les moins énergivores, limiter les requêtes superflues, éviter les usages redondants) afin d’anticiper cet impact avant notre prochain bilan.
Nous avons volontairement écarté certaines pistes suggérées par notre outil de mesure, jugées peu réalistes ou déjà couvertes : réduction de la superficie de nos bureaux (contraire à notre croissance d’effectifs), travaux d’isolation et panneaux photovoltaïques (hors de portée en tant que locataires), réduction du budget de nos prestataires par internalisation (ce serait une décision de recrutement, pas un levier RSE), passage à un autre outil de visioconférence (nous restons sur Microsoft Teams), télétravail renforcé (déjà au maximum compatible avec nos contraintes de client et nos 2 jours hebdomadaires actuels), ajustement des prestations d’entretien à l’occupation réelle de nos locaux (déjà exploités au maximum), réduction de nos rencontres inter-agences (nous les avons déjà rationalisées et pris des actions sur les transports), et proposer un service de cafétaria dans nos locaux (impossible au vu de notre taille).
Notre trajectoire vers 2030
Nous maintenons l’objectif fixé lors de notre précédent bilan : réduire nos émissions de 21,57 % d’ici 2030 par rapport à notre trajectoire de croissance de référence, soit environ 82,7 tCO2e évitées. C’est notre engagement de référence.

Émissions réelles vs trajectoires de référence (2023–2030)
Ce graphique appelle une lecture honnête. Notre trajectoire de référence avait été construite sur une hypothèse de forte croissance (130 collaborateurs et 12,7 M€ de CA en 2024, 169 collaborateurs et 16,6 M€ en 2027). Or notre croissance réelle est un peu plus mesurée que prévu : 122 collaborateurs en 2025, entre les jalons 2024 et 2027 initialement anticipés. Nos émissions réelles (167,2 tCO2e) se situent aujourd’hui sous notre trajectoire bas-carbone visée pour cette période (≈183 tCO2e). Un signal encourageant, qu’il faut néanmoins attribuer pour partie à ce rythme de croissance plus lent que modélisé, et pas uniquement aux actions mises en œuvre. C’est précisément pour cette raison que nous continuons d’agir sur chacun des leviers identifiés : notre progression doit rester acquise indépendamment du rythme de notre croissance.
Et au-delà : une ambition à horizon 2035
Notre outil de mesure (Carbo) élargit désormais ses scénarios jusqu’en 2035, avec un cadre plus ambitieux : une trajectoire bas-carbone visant -26 % par rapport au scénario de croissance de référence, et un scénario aligné sur l’Accord de Paris (SBTi 1,5°C) à -64 %. Ces horizons ne remplacent pas notre engagement 2030 ci-dessus, qui reste notre objectif de référence, mais ils donnent une idée de la trajectoire à plus long terme vers laquelle nous voulons tendre une fois nos leviers 2027 (véhicules, matériel reconditionné, déménagement de Toulouse) atteints.

Vision indicative à horizon 2035 (valeurs approximatives issues de notre outil Carbo)
Conclusion
Ce troisième bilan carbone confirme une dynamique positive, portée par des actions concrètes sur nos déplacements professionnels et notre alimentation, tout en révélant des marges de progrès claires sur nos trajets quotidiens, nos équipements et la qualité de nos données d’achats. Nous continuerons, année après année, à affiner notre mesure autant qu’à renforcer notre plan d’action, avec la même exigence de transparence.